Village situé à dix kilomètres au nord d’Agadir entre les communes d’Anza et de Taghazout, Aourir est une commune paisible connue pour sa plage agréable et pour être la ville de la banane marocaine. Surnommée « Banana Village », cette localité est la ville d’origine des bananes que nous retrouvons sur les charrettes des marchés en ville. Une banane locale d’origine marocaine qui se vend en moyenne à 9 dirhams le kilo.

Une aubaine dans le pays qui permet de profiter à bas prix d’un fruit tropical. Tout en sachant que ses concurrentes d’Afrique et des Îles Canaries frôlent les 17 dirhams au kilo. Si les grandes villes de Souss Massa Drâa sont autosuffisantes toute l’année, ce n’est d’ailleurs pas le cas de tout le royaume qui doit en importer.

 

Comment la banane marocaine peut-elle facilement pousser dans ce village ?

 

La banane marocaine pousse sur pas mal d’hectares dans ce village et d’autres contrées au nord de Taghazout. Les chiffres de production parlent d’eux même et sont en constante augmentation dans le cadre d’une agriculture raisonnée. A Aourir, des centaines d’hectares de pépinières s’étendent de quelques mètres du rivage jusqu’à l’entrée du village. La zone la plus concentrée se situent entre deux Oued présents dans la ville. Précisément, les oued Tamghart et Assersif. Le bord de la route est ensuite destiné à la vente ambulante tout comme le cliché de présentation de l’article.

 

Des bananeraies profitant du système de nébulisation sous serre pour évoluer en toute tranquillité

 

Les bananeraies d’Aourir ont un rendement impressionnant pour un pays comme le Maroc. En dehors de la saison froide qui nécessite absolument le système de nébulisation, le climat est particulièrement adapté en saison chaude. La région offre un taux d’humidité très accommodant drainé par les courants océaniques atlantiques. La température qui oscille entre 25 et 31 degrés est particulièrement adaptée à la culture de la banane. Puis en dehors du cadre estivale, les serres font le travail et pour continuer à apporter de l’eau en continu, les plants de bananiers sont alimentés par le système de goutte à goutte en continue. Cette particularité est une exception dans la région. D’ailleurs, la papaye ainsi que la mangue s’épanouisse à petite échelle grâce à des systèmes sophistiquées. Ce qui n’est pas le cas du corossolier inexistant dès lors dans le pays.

 

Des terres enrichies en oligo éléments pour réussir la culture du bananier

 

A Aourir, les ingénieurs agronomes responsables de ce projet agricole ambitieux ont dû préparer le terrain. En effet, le bananier n’est pas un arbuste qui s’épanouit sur les sols calcaire et argileux. L’apport conséquent en azote, potassium, magnésium et phosphore sont là pour répondre aux carences locales. Ces matières premières très faciles à dégoter en territoire chérifien grâce aux gisement présents dans le pays facilitent la culture de la banane marocaine. Sensibilisées à toutes ces questions, les agricultures peuvent donc en bonne et due forme cultiver le fruit. D’ailleurs, la papaye et la mangue sont aussi deux autres fruits tropicaux qui s’épanouissent fort bien dans la région et dont la population locale profite de leurs bienfaits.

 

La banane marocaine : ça donne quoi en termes de saveur ?

 

C’est certainement l’une des plus grandes surprises dont nous avons fait la découverte. Imaginez-vous le kilo à seulement 0,86 cts d’euros. A première vue, la banane marocaine est beaucoup plus petite et charnue que ce que nous connaissons sur le marché européen. Cependant, son goût est relativement plus doux et sucrée avec la même texture crémeuse. Pourtant c’est bien la variété Cavendish petite naine qui pousse sur de grandes étendues. L’explication est simple, Aouri est idéal pour faire pousser la banane marocaine bien que le climat tropical humide soit beaucoup plus favorable. Ce qui se traduit par une taille légèrement plus petite mais qui ne change rien à la valeur nutritive.

L’autre avantage que nous avons pu déceler et qui se pratique aussi en Afrique et en Amérique latine, c’est la vente par petit régimen. Cette technique permet de garder les bananes sous un même corps et d’éviter qu’elles ne s’altèrent trop vite. Il est ainsi facile de les garder pendant une semaine.

La sauvegarde de ce fruit nécessite donc un sol riche en matière organique. Une tâche que les chercheurs ont pu mettre en pratique depuis des années. La zone de fort ensoleillement dont bénéficie le village d’Aourir facilite également l’épanouissement de la banane marocaine.